INSTITUT DE BIOLOGIE PHYSICO-CHIMIQUE
Physiologie Membranaire et Moléculaire du Chloroplaste
UMR 7141, CNRS et Université Pierre et Marie Curie (Paris VI)
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   Le chloroplaste est étudié in vivo, c'est-à-dire dans le contexte où peuvent se développer l'ensemble des interactions intracellulaires. Nous considérons l'appareil photosynthétique comme un objet d'étude en soi mais également comme une sonde de la physiologie du chloroplaste. Ses éléments constitutifs permettent d'étudier aussi bien l’état énergétique ou l’état d’oxido-réduction de l’organite que les coordinations nucléo-chloroplastiques dans l'expression des protéines de la photosynthèse. Notre laboratoire à une vocation profondément pluridisciplinaire pour deux raisons :

  • parce que la fonction photosynthétique, ensemble de réactions d'oxydo réduction gouvernées par l'interaction de la lumière et de certains organismes vivants, se situe de fait au carrefour de la physique, de la chimie et de la biologie.

  • parce que notre laboratoire a le souci de développer l'ensemble des méthodologies disponibles pour l'étude de ce système macromoléculaire intégré, depuis la génétique classique jusqu'à la biophysique, en passant par la génomique, la génétique moléculaire, la biologie cellulaire et la biochimie des protéines.

   Les principales questions scientifiques abordées au laboratoire sont brièvement présentées et illustrées généralement par deux publications, l'une de la période 1990-2000, l'autre de la période 2001-2005, que l'on trouvera dans l'une des trois rubriques suivantes:

 Transferts d'électrons et de protons associés au fonctionnement de la chaîne photosynthétique

 Dynamique de l'organisation supramoléculaire de la membrane photosynthétique

 Biogénèse et dégradation des protéines de l'appareil photosynthétique

 

Transferts d'électrons et de protons associés au fonctionnement de la chaîne photosynthétique

   La fonction photosynthétique assure la conversion de l'énergie lumineuse en une différence de potentiel électrochimique transmembranaire qui sert de force motrice à la synthèse d'ATP. Cette conversion fait intervenir en série une succession de transferts d'électrons entre les différents cofacteurs redox qui composent cette chaîne. A ces transferts d'électrons sont généralement couplés des translocations de protons de part et d'autre de la membrane. Nos recherches portent sur l'ensemble des complexes protéiques intervenant dans la fonction photosynthétique et permettent d'apporter des éléments de réponses aux questions suivantes :

Quels sont les paramètres thermodynamiques et cinétiques des réactions de transferts d'électron, quels sont les cofacteurs redox impliqués ?

Par quels mécanismes les transferts de protons sont-ils couplés aux transferts d'électrons ?

Quelles sont les conséquences thermodynamiques et cinétiques de la différence de potentiel électrochimique sur les réactions de transfert d'électrons ou de protons, qui sont catalysées par les différents complexes protéiques de la chaîne photosynthétique  ?

 

Dynamique de l'organisation supramoléculaire de la membrane photosynthétique

   Les protéines majeures de l'appareil photosynthétique peuvent être observées comme des ensembles macromoléculaires individualisés aussi bien par des méthodes de microscopie électronique que par des méthodes biochimiques. Chez la plupart des eucaryotes photosynthétiques, ces différentes protéines n'ont pas la même distribution latérale entre les régions granaires où les thylacoides sont accolés, et les régions non granaires où les thylacoides sont isolés. Leur distribution latérale est cependant susceptible de modifications qui contribuent à des régulations de la fonction photosynthétique. Ces régulations sont particulièrement spectaculaires en cas de changements de l'environnement lumineux - qu'il s'agisse de modification de l'intensité ou de la qualité spectrale de la lumière incidente -ou en réaction à des changements de l'environnement métabolique du chloroplaste,  par exemple en transition aérobie/anaérobie ou lorsque la charge en ATP intracellulaire varie.. Nous travaillons autour des questions suivantes :

Quel est le mécanisme moléculaire qui préside aux "transitions d'état" au cours desquelles les antennes périphériques et le complexe des cytochromes b6f se déplacent entre les deux deux photosystèmes situés dans des domaines membranaires différents ?

Quelles sont les différentes stratégies de photoprotection lorsque l'absorption de la lumière incidente dépasse la capacité de transfert d'électron photoinduit ?

Dans quelles conditions et suivant quel mécanisme moléculaire l'appareil photosynthétique adopte-t-il une configuration propice au transfert linéaire ou au transfert cyclique d'électrons ?

 

Biogénèse et dégradation des protéines de l'appareil photosynthétique

   Les complexes protéiques de la membrane photosynthétique comportent un grand nombre de sous-unités -de dix pour le complexe cytochrome b6f à plus de vingt pour le photosystème II- dont certaines sont codées par le génome chloroplastique et d'autres par le génome nucléaire. Ces polypeptides, issus de compartiments génétiques différents, sont associés avec de nombreux cofacteurs au sein de complexes multimoléculaires dans des proportions stœchiométriques précises. Nous cherchons à comprendre la biogenèse de ces édifices complexes et à répondre aux questions suivantes :

Quels sont les mécanismes de l'expression génétique au sein du chloroplaste ?

Quelles sont les modalités d'intervention du noyau dans l'expression des gènes chloroplastiques ?

Comment sont acheminés et assemblés les cofacteurs et les chaînes polypeptidiques des complexes protéiques de la membrane photosynthétique ?

Quels mécanismes assurent l'accumulation stœchiométrique des sous-unités d'un même complexe protéique?

Comment sont dégradées les protéines de l'appareil photosynthétiques ?

© UMR7141 juillet 2009